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Derrière la conception : Collection Artesano – Sanuk®

Behind the Design: Artesano Collection – Sanuk®

Rencontrez la créatrice : Nadine Marchal

Q : Vous avez eu une longue et fascinante carrière d'artiste textile et de tisserand (et plus encore !). Pouvez-vous nous donner un bref résumé de votre carrière et du chemin parcouru jusqu'à votre situation actuelle ?

UN: Autant que je me souvienne, ou d'après les mots de mes parents, depuis que je suis enfant, j'ai toujours eu le besoin de créer.

Le tissage est venu plus tard. J'ai d'abord commencé par la peinture, le dessin, le collage, toujours cette envie de mélanger les matières.

Lorsque j’ai découvert le tissage, il y a 28 ans, j’ai tout de suite eu un coup de cœur pour l’alliance de belles matières avec une technicité incroyable. Petit à petit, j’ai compris que c’était la voie à suivre…

Mais la vie est surprenante ! Je n'ai pas commencé directement sur un métier à tisser. Au début des années 90, j'ai commencé à travailler avec des marques américaines en tant que designer textile et directeur artistique. Je créais des modèles pour des métiers à tisser Jacquard industriels, des lanières étroites tissées pour des sandales, des marques outdoor, des équipements d'alpinisme, des accessoires pour animaux de compagnie…

Ce qui m'a le plus plu, c'est de travailler avec les techniciens sur les métiers à tisser. J'ai vite compris à quel point c'était technique et que le tissage était un processus long et difficile.

Au travers de ces différentes collaborations j'ai commencé à voyager. Partout dans le monde, j'ai rencontré des tisserands ; des tisserands travaillant avec les racines du tissage et les savoirs ancestraux. J'apprends tellement alors !!!

Cela a changé ma vie. Ce fut une révélation. J'ai compris à quel point le tissage et la nature étaient liés. Il était urgent de sauvegarder ce savoir qui a déjà disparu dans tant d'endroits.

Il y a neuf ans, j'ai décidé d'acheter mon premier métier à tisser pour créer des pièces visant à élever cet incroyable outil et cette philosophie d'artisanat.

J'ai choisi deux façons de montrer l'art du tissage à un public plus large :

D'une part, grâce à ma longue expérience dans le secteur, j'ai pu proposer une expertise puis créer un pont entre cette industrie et le monde de l'artisanat.

Les deux savoirs peuvent collaborer. C'est désormais possible pour moi, en tissant sur mon métier des séries limitées ou des échantillons tissés pour différentes marques.

La deuxième façon était de découvrir l’art du tissage. La liberté de création. Raconter des histoires sur des sujets comme la déforestation ou la pollution des océans…

Mon objectif constant est de tisser avec des matières naturelles pour honorer la nature autant que possible. Je collabore avec des organisations locales de laine, des artisans qui créent leurs propres fils à la main.

J’ai également créé « Weaving for Change », un mouvement international de collaborations de personnes : artisans, artistes… pour promouvoir un patrimoine manuel, culturel et spirituel ; les qualités inhérentes à l’œuvre d’art.

Q : Vous avez fait beaucoup d’art en dehors du tissage. Pouvez-vous nous parler de votre travail dans d’autres formes d’art ? Comment cela a-t-il influencé et élargi votre art du tissage ?

UN: Je crois que j’ai toujours été attiré par les combinaisons de matières pour exprimer ce que je pouvais voir lorsque je regardais un morceau de roche, de bois, d’arbre, d’eau… Superposition, profondeur… Peinture, sérigraphie… ont été mes premières voies d’expression artistique même si j’étais déjà au milieu des machines à tisser industrielles.

Mais à chaque fois, le défi est de traduire une émotion, un message en œuvre d’art. Je me sens aujourd’hui beaucoup plus libre d’exprimer tous ces sentiments dans un art tissé que la peinture par exemple…

Je ressens un espace infini de création avec aussi une forme de spiritualité liée au tissage que je n'avais pas ressentie auparavant.

Q : Quelles sont vos façons préférées de trouver l’inspiration pour votre travail ?

UN: La nature (Une inspiration infinie et apaisante), la forêt, les animaux, l’eau…

Musique

Scènes de la vie quotidienne

Rêves et vision

Sans conscience je reviens toujours à des inspirations ethniques très présentes, à des communautés autochtones où l'art a commencé comme un langage.

Q : Parmi les innombrables projets auxquels vous avez participé, en avez-vous un préféré ? Si oui, pourquoi est-il votre préféré ?

UN: Mon préféré est de créer une œuvre d’art tissée qui peut tisser autant de liens et peut transmettre des messages.

Il s’agit de lier la musique et le tissage : deux arts ancestraux qui me sont essentiels.

Un autre objectif important est de créer un pont entre l’art et l’industrie en créant une collection très limitée de produits différents, inspirés d’une œuvre d’art tissée, pour rendre hommage à la nature et aux artisans autochtones.

Q : Pouvez-vous nous parler un peu de Weaving for Change ? De quoi s'agit-il, comment cela a-t-il commencé et comment y participez-vous ?

UN: « Weaving for Change », initié par Nadine Marchal, est un mouvement de collaboration dans lequel des œuvres sont créées pour connecter des personnes, des valeurs et des savoir-faire, ou pour mener des actions centrées sur l’humain. En combinant des compétences uniques, « Weaving for Change » valorise l’héritage manuel, culturel et spirituel qui fait partie intégrante de toute œuvre d’art.

Cette fondation a été rendue possible grâce à la générosité de deux parrains : Darina Santamaria et Julien Jean ; deux amoureux de l'art et de la vie.